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Année
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Notes biographiques
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Lieu
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| 1875 |
C’est sans
doute à cause de la publication par Hermann Oeser à Neusalza, a partir
de novembre 1874, du roman de May
La Rose d’Ernstthal que
l’éditeur H.G. Münchmeyer rendit visite à May. Il le connaissait depuis
les années 1860. Il s’était disputé avec son rédacteur Otto Freitag;
Münchmeyer devait le remplacer rapidement.
Le 8 mars, May devient «rédacteur» à Dresde-Altstadt; il habite à
Jagdweg où la maison d’édition est installée. Il y rédige un journal
familial, «Der Beobachter an der Elbe». Münchmeyer l’appelait toujours «Docteur»
devant ses employés. Ce titre que May garda plus tard n’a pas empêché
que le 24 mars il soit expulsé de Dresde. May, qui est encore une bonne
année sous contrôle policier, n’est pas autorisé à quitter Hohenstein et
Ernstthal sans autorisation.
D’Ernstthal, May continue à rédiger le «Beobachter» de Münchmeyer.
Puis, à partir de fin mai, sa nouvelle Wanda est publiée. De
plus, il prépare pour son éditeur des chapitres principaux du Buch
der Liebe, suite du tristement célèbre «Venustempel» (une histoire
de la prostitution et de ses origines) qui fut interdit en Autriche en
1874 et plus tard également sous le Reich allemand.
Début août, May retourne à Dresde; une autorisation de séjour lui
est accordée. Entre-temps, il voyage, entre autres, à Essen, Dortmund et
Berlin pour trouver des souscripteurs à la société Krupp et Borsig pour
le nouveau journal de travailleurs, «Schacht und Hütte». Pour le
concurrencer et à partir de septembre, May lance, à la place du
«Beobachter», un journal de divertissement familial, le «Deutsches
Familienblatt». Dès le milieu d'octobre on publie la première histoire
de Winnetou de May, Old Firehand. D'autres récits de cette époque:
Le Gitan, Inn-nu-woh, Ein
Stücklein vom alten Dessauer, Die
Fastnachtsnarren, Geographische Predigten.
Les rapports de May avec son éditeur sont familiaux. Pour Noël,
Pauline, l’épouse de Münchmeyer, lui offre un piano.
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Ernstthal,
Marktplatz 185
Dresde-Altst.,
Jagdweg 6
Ernstthal,
Marktplatz 185
Dresde-Altst.,
Falkenstr. 4,
chez la veuve
Emma Ros. Vogel.
Dresde-Altst.,
Jagdweg 14
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| 1876 |
Début septembre 1875, Karl
May habite dans la résidence de Münchmeyer. Minna Ey, la
sœur de Pauline Münchmeyer, s’occupe de l’appartement de May. Elle
aimerait devenir sa fiancée. Mais le nouvel auteur à succès n’y voit pas
le moindre intérêt. Le 23 février, on fait une perquisition chez H.G.
Münchmeyer. La police fait une enquête sur la vente interdite de
«Venustempel» et du Buch der Liebe. C’est le 2 mai que se terminent
deux années de surveillance policière de May. Début août, May annonce une
suite au roman «Fürst und Junker» qui avait été rédigé par Friedrich
Axmann:
Les lecteurs du «Deutsches Familienblatt» qui désirent connaître les
dernières années du destin de Dietrich von Quitzow jusqu’à sa mort,
doivent savoir que l’auteur en a fait le sujet d’un roman encore plus
fascinant et aussi émouvant, «Dietrich von Quitzows letzte Fahrten» qui
commencera dans le N° 20 de «Feierstunden am häuslichen Heerde», un des
magazines littéraires de l’Edition Münchmeyer.
(Deutsches Familienblatt, N° 49, p. 770)
Le roman sur von Quitzow sort cependant dans le N° 10 des «Feierstunden»
sous le nom d’un auteur appelé «Karl May».
En été May est inculpé à cause de sa collaboration au Buch der
Liebe. De plus, Friedrich, le frère de Münchmeyer en qualité d’éditeur,
ainsi qu’Otto Freitag comme rédacteur du «Venustempel», sont également
inculpés. Dans cette situation, Pauline Münchmeyer pousse au mariage avec
Minna Ey. May n’est pas reconnu coupable. Fin octobre, il quitte la
rédaction, mais écrit encore des «manuscrits utiles». Selon toute
vraisemblance, il veut d’abord continuer son roman sur Quitzow,
même s’il n’est plus rédacteur chez Münchmeyer. L’hostilité de Pauline qui
ne supporte pas que May ait refusé l’union avec sa sœur rend ses projets
impossibles. Les deux romans, le livre sur Quitzow de May ainsi que
le «Kurfürst» d’Axmann (Axmann mourut selon Münchmeyer), seront terminés à
partir de mars 1877 par le Docteur Heinrich Goldmann.
Après cette époque chez l’éditeur, May entreprend des voyages
temporaires à Hohenstein et Ernstthal. Là il tombe amoureux de la
ravissante Emma Pollmer, qui célèbre le 22 novembre son 20è anniversaire.
Cette année-là May a écrit entre autres: Auf den Nußbäumen,
Unter den Werbern, Leilet,
Der beiden Quitzows letzte Fahrten,
Ausgeräuchert et Im Wollteufel.
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Dresde-Altst.,
Jagdweg 14
Pillnitzer Straße 72
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| 1877 |
May vit à
Pillnitzer Straße 72 chez la veuve Groh. Les mois suivants il écrit
Die beiden Nachtwächter, Der Dukatenhof, Die
verhängnisvolle Neujahrsnacht, Ziege oder Bock, Der Samiel,
Der Kaiserbauer.
Le 26 mai, Emma Pollmer le rejoint à Dresde. Elle trouve une place
dans le foyer de la veuve Auguste du Pasteur Petzold, Mathildenstraße
18. Karl May devient rédacteur chez l’éditeur Bruno Radelli pour la
deuxième année de l’édition populaire du magazine «Frohe Stunden». Le
premier numéro sort fin juin; à partir du numéro 10, May publie
régulièrement ses propres textes: Der Oelprinz, Die Gum,
Ein Abenteuer auf Ceylon, Die Kriegskasse, Aqua
benedetta, Auf der (hoher) See gefangen, Ein Self-man.
Chez Peter Rosegger, Die Rose von Kahira est publiée. Ce
récit avait déjà été publié par Münchmeyer l’année précédente sous le
titre Leilet. A cause de cette nouvelle publication, Rosegger
considérait «Monsieur Karl May… comme un grand voyageur sauvage qui
devait avoir vécu longtemps en Orient».
|
Dresde-Altst.,
Pillnitzer Straße 72 |
| 1878 |
Depuis le
début de l’année, May vit dans un appartement au rez-de-chaussée à
Dresde-Strießen, où Emma s’occupe de la maison. On les considérait comme
un couple marié. Là il écrit pour les «Frohe Stunden»:
Husarenstreiche, Der Africander, Vom Tode erstanden,
Die Rache des Ehri, Nach Sibirien. Pour Peter Rosegger,
May écrit Die falschen Excellenzen.
Le 26 janvier, Emile Edouard Pollmer, l’oncle alcoolique d’Emma,
meurt à Niederwürschnitz près de Stollberg; en état d’ébriété, il fut
piétiné par une carriole à cheval, mais arriva encore à se traîner dans
l’écurie du restaurant «Zum braven Bergmann». Le grand-père d’Emma, le
barbier Christian Gotthilf Pollmer, ne crut pas à un accident. Il
demanda à May de faire une enquête.
Le 25 avril, May enquête en tant que «haut officiel payé par le
gouvernement». Même s’il ne se donne aucun titre ou grade, il est accusé
de s’attribuer des statuts officiels falsifiés. Le 11 juin, pour cette
raison, il est convoqué à Dresde. Fin juin, May termine son travail de
rédacteur chez Radelli. Emma Pollmer retourne chez son grand-père à
Hohenstein et Karl May chez ses parents. Il paraît que May a séjourné
quelque temps à Berlin. Il est possible qu’il ait recherché une nouvelle
place dans une rédaction.
6 septembre: interrogatoire au tribunal de Hohenstein. Le 15
octobre: interrogatoire à Stollberg et confrontation le 25 octobre. May
a une attitude d’indifférence. Il assure lui-même sa défense. Durant
l’été et l’automne, il écrit les récits Des Kindes Ruf, Die
Universalerben, Die Laubthaler et Der Waldkönig.
|
Drd.-Strießen
Straße Nr. 4
Villa Forsthaus
Ernstthal,
Marktplatz 185
|
| 1879 |
Le 9 janvier,
May est condamné à 3 semaines de prison par le poste de justice de
Stollberg pour «usurpation de titre officiel» (dans le sens de § 132 StGB
– code pénal allemand). Ce jugement, comme le prouve expressément le
juriste pénal Erich Schwinge, est une erreur. Les actes sont conservés.
May n'a en aucune façon entrepris un acte officiel. L'appel (le 12 mai) et
le recours en grâce (le 2 juillet) sont rejetés. Du 1er au 22 septembre,
Karl May doit supporter sa sanction dans la maison d’arrêt du tribunal
d’Hohenstein. Ce blâme n’a jamais cessé d’être une souffrance pour lui
comme en témoignent beaucoup d’exemples dans son œuvre.
La relation avec Emma Pollmer est compromise en raison de son
infidélité; Karl May vit probablement chez ses parents. Son activité
littéraire se présente sous de meilleurs auspices. Ce sont ses premiers
contacts avec l'hebdomadaire catholique «Deutscher Hausschatz» à
Ratisbonne. Dans le récit de voyage Unter Würgen apparaît pour la
première fois le nom d’«Old Shatterhand».
Fin novembre pour la maison d’édition de Franz Neugebauer à Stuttgart
paraît «Der Waldläufer», livre remanié de l’ouvrage de Ferry, ainsi que
son premier livre pour les jeunes, Im fernen Westen.
Autres publications de l’année: Ein Dichter, Der
Giftheiner, Three carde monte, Unter Würgern, Der
Girl-Robber, Der Boer van het Roer et le roman du journal de
Stuttgart, Scepter und Hammer. Le chapitre Der tolle Prinz
laisse supposer une rupture sérieuse avec Emma Pollmer que May immortalisa
sous le nom d’«Emma Vollmer» infidèle à son bien-aimé.
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Ernstthal,
Marktplatz 185
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| 1880 |
Janvier:
«May, Dr. Karl…» - ce nom apparaît pour la première fois dans le
«Allgemeiner Deutscher Literaturkalender» (calendrier général de la
littérature allemande).
19 février: l’annonce du mariage de Karl May et d’Emma Pollmer est rendu
publique à Hohenstein. L’avis paraît du 20 février au 7 mars.
Mai: pour la première fois, le «Deutscher Hausschatz» annonce que le
narrateur à la première personne des aventures de voyage est bien le
même personnage que l’auteur Karl May.
Le 26 mai: le grand-père d'Emma, Christian Gotthilf Pollmer, meurt
d'apoplexie à Hohenstein. Et le 27 mai, la sœur aînée de May, Auguste
Wilhelmine, mariée à Hoppe, meurt d’une maladie du sang. A cause de ces
coups du destin - peut-être aussi à cause de façons de pensées
différentes – le mariage civil de Karl May et d’Emma Pollmer est reporté
au 17 août.
12 septembre: mariage religieux à l’église de St. Christopheri à
Hohenstein, suivi par le déménagement dans la maison «Am Markt 2»
Les œuvres notables publiées cette année-là sont: Deadly Dusy,
Der Brodnik, Die Juweleninsel, Der Kiang-lu, Tui
Fanua.
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Ernstthal,
Marktplatz 185
Am Markt 2
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| 1881 |
Janvier:
dans un récit de voyage dans l’«Hausschatz», Giölgeda padishanün
– plus tard Durch die Wüste (Les Pirates de la Mer Rouge)
et les volumes qui suivent – pour la première fois le narrateur à la
première personne Kara Ben Nemsi ainsi que son serviteur Halef Omar
apparaissent.
Ce cycle oriental est seulement surpassé littérairement par les
dernières œuvres de May.
Mars: le «Deutscher Hausschatz» écrit dans son numéro 9: «’Lecteur de
Westphalie’: L'auteur des aventures de voyage a visité lui-même tous les
pays où se situent les scènes de ses histoires. Il revient récemment
d’un séjour en Russie, en Bulgarie, à Constantinople, etc.…, et il
souffre même d’une blessure au couteau comme souvenir. Cependant, il
n’aime pas voyager avec le Baedeker rouge (guide de voyage) à la main et
en chemin de fer. Il cherche des routes encore inconnues… Merci de vos
compliments!»
18 novembre: le journal «Le Monde» commence à publier une
traduction française d’une œuvre de May.
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Hohenstein,
Am Markt 2 |
| 1882 |
May
travaille d’arrache pied à son cycle Oriental pour le «Deutscher
Hausschatz». Les Reise-Abenteuer in Kurdistan ainsi que Die
Todeskarawane sont de grands succès. En revanche, il écrit sans
enthousiasme la fin de son Juweleninsel pour l’éditeur Göltz &
Rühling de Stuttgart… Et achève le roman. A la fin de l’été Karl et Emma
font un voyage de vacances à Dresde-Altstadt. Dans le restaurant Renger,
une rencontre prédestinée le fait rencontrer l’éditeur Heinrich
Münchmeyer. De cette rencontre naissent plusieurs années de relation
d’affaires. Le contrat est conclu par une poignée de mains. May doit
écrire un feuilleton captivant pour un honoraire de 35 marks par livraison.
Dès que l'édition atteindra les 20.000 exemplaires, May recevra une «jolie
gratification», et de plus les droits lui reviendront. Au début, May
travaille de façon irrégulière sur Waldröschen:
«Chère
Madame,
Je vous serais très reconnaissant, si vous pouviez demander à votre cher
mari que j'ai l'honneur de pouvoir considérer comme un ami sincère, de
m'envoyer le manuscrit, pour être précis, 3 numéros par semaine. C’est
maintenant la meilleure époque pour publier le petit ouvrage. Le premier
numéro est prêt, cependant je ne peux pas le publier puisque je n’ai pas
la suite. J’étais très bienveillant envers votre mari. Je lui ai déjà
avancé 500 marks pour son petit ouvrage. Il n’est pas du tout
reconnaissant et me laisse tomber: Pourtant il m’appelle son meilleur ami
dans ses lettres et me promet la lune, mais ne tient pas un mot de ses
promesses.
Je pense qu’il vous écoutera parce qu’il vous aime, il l’a toujours
dit. Je me tourne donc avec confiance vers vous et espère que vous serez
mon ange salvateur qui me sauvera de ma situation très coûteuse et
extrêmement délicate. Ma femme vous envoie ses meilleurs sentiments et
vous demande votre aide comme je le fais moi-même. En vous assurant de mes
sentiments très cordiaux, et respectueusement familier, votre sincère H.G.
Münchmeyer.
Dresde, le 20 octobre 1882»
La
méditation d’Emma est un succès. Waldröschen oder die Rächerjagd rund
um die Erde commence début de décembre sous le pseudonyme de «Capitaine
Ramon Diaz de la Escosura» et devient très vite un bestseller.
Les autres œuvres: Die Both Shatters, Der Krumir,
Ein Fürst-Marschall als Bäcker, Robert Surcouf, Christi Blut
und Gerechtigkeit, In Damaskus und Baalbeck, Ein Oelbrand.
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Hohenstein,
Am Markt 2 |
| 1883 |
Très
probablement, May va à Dresde début février pour rencontrer Münchmeyer.
Emma le suivra plus tard. Entre elle et Pauline, la femme de l’éditeur,
se noue une intime amitié.
Le 6 avril, l'amie d'enfance d'Emma May, Ida Metzer, tient une
séance de spiritualité dans son appartement de Hohenstein; Karl May y
participe.
Le 7 avril: déménagement de Hohenstein à Dresde-Blasewitz. Dans la
liste des résidents de Blasewitz, May est recensé comme homme de lettres
et rédacteur. Très probablement «le rédacteur» édite avec Münchmeyer le
«Deutscher Wanderer». «Cela devait être de la même qualité que les deux
magazines populaires créées par moi en 1875.» Dans le «Wanderer» paraît
à partir de fin septembre Die Liebe des Ulanen, désormais pour la
somme de 50 marks.
May rédige de plus dans cette année productive: Stambul,
Im «wilden Westen» Nordamerikas, Der Amsenhändler, Pandur
und Grenadier. Par manque de temps, il refuse une collaboration avec
Joseph Kürschner (l’éditeur du calendrier de littérature.)
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Hohenstein,
Am Markt 2
Dresde-Blasewitz,
Sommerstr. 7
|
| 1884 |
Vraisemblablement début avril, May s’installe avec sa femme Emma à
Prinzenstraße 4. Ayant fini le Waldröschen, il commence en août un
autre roman populaire pour Münchmeyer: Der verlorne Sohn oder der Fürst
des Elends. Son travail pour le «Deutscher Hausschatz» est interrompu.
Der letzte Ritt, qui fait partie du cycle oriental, est interrompu
mi-décembre pour 6 mois. Les lecteurs et la rédaction le prennent très
mal.
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Dresde-Blasewitz,
Sommerstr. 7
Dresde-Altstadt,
Prinzenstr. 4
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| 1885 |
Le 15
avril, la mère de May meurt d’une tumeur, probablement cancéreuse. A peu
près un mois plus tard, son père a une attaque. Livrer des manuscrits
est exclu pendant ces coups du destin. Die Liebe des Ulanen reste
sans suite pendant 4 semaines. Comme solution de secours, des chapitres
de Der verlorne Sohn sous le titre Ulane und Zouave sont publiés
en fragment dans le «Deutscher Wanderer». En juin, May retrouve ses
esprits et est capable de reprendre son écriture. Il poursuit même
pendant quelques mois d’été son cycle oriental. Son roman Ulanen est
terminé en octobre. A Noël il commence son quatrième roman pour
Münchmeyer, Deutsche Herzen, Deutsche Helden.
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Dresde-Altstadt,
Prinzenstr. 4 |
| 1886 |
Le 27
février, le catéchiste catholique Kochta, ancien professeur de May meurt.
Fin juillet May termine le Verlorne Sohn. Afin de publier
immédiatement une suite, il avait écrit, en juin, environ 50 pages
manuscrites pour le roman Delila. Presqu’au même moment, dans des
circonstances mystérieuses, le 13 juin, le roi Ludwig II de Bavière meurt
– ce qui est une nouvelle sensationnelle pour un éditeur populaire. May
interrompt donc Delila (il reste des fragments) et écrit un roman
sur l’histoire du «Roi des contes de fées»: Der Weg zum Glück. Ce
devait être son dernier roman pour Münchmeyer. A la fin de l’année, il
commence un récit pour les jeunes, Der Sohn des Bärenjägers, pour
l’éditeur Spemann de Stuttgart.
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Dresde-Altstadt,
Prinzenstr. 4 |
| 1887 |
8 janvier:
Le magazine pour garçons «Der Gute Kamerad» commence à publier le Sohn
des Bärenjägers de May. Pendant ce temps, Münchmeyer a des problèmes
pour livrer à temps ses numéros.
«Mon cher Docteur!
Je vous attendais samedi avec une grosse pile de manuscrits, mais
en vain. Cela me contrarie et me soucie car pour moi c’est une question de
survie. Si vous ne me livrez pas une quantité suffisante et à l’heure, je
vais perdre les lecteurs qui m’ont souscrit des abonnements ce qui
représente beaucoup d’argent. Engagez donc un sténographe! Si vous dictez
toute une nuit, vous aurez 4 à 5 numéros écrits sur le papier et cela
m’aidera.
J’ai presque toujours exaucé tous vos souhaits et vous demande
maintenant d’exaucer les miens.
Je vous en prie, portez-moi chance demain matin et puis des héros,
car avec ceux que nous avons déjà ici, nous pourrions faire à peu près 66
numéros.
Avec mes sincères salutations, H.G. Münchmeyer.
Dresde, le 21 février 1887»
Au début d’avril, May déménage au 31 de la Schnorrstraße.
Mi-août, May commence à écrire Durch das Land der Skipetaren;
ce récit de voyage représente la fin du cycle de l’Orient dans le
«Deutscher Hausschatz».
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Dresde-Altstadt,
Prinzenstr. 4
Schnorrstr. 31
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| 1888 |
Début
janvier, le roman pour Münchmeyer Deutsche Herzen, Deutsche Helden
est fini. May ne s’accorde aucun repos – il écrit son histoire de jeunesse
Der Geist der Llano estakata. Mi-janvier le «Hausschatz» commence à
publier le récit de voyage Skipetaren. Début février commence
Der Geist der Llano… dans «Der Gute Kamerad».
Le 6 septembre le père de May meurt des suites d’une longue maladie.
Le «Deutscher Hausschatz» à Ratisbonne a un nouveau rédacteur.
Venanz Müller, qui était bien intentionné à l’égard de May, est remplacé
par Heinrich Keiter, un rédacteur qui a ses propres ambitions littéraires.
«La bataille au sujet des romans de l’écrivain voyageur Karl May est
chaudement suivie par nos lecteurs. Tandis que certains se plaignent avec
de sévères critiques auprès de la rédaction que ces nouvelles prennent
trop de place qui pourrait avantageusement être mieux utilisée, d’autres,
dans des termes aussi convaincants, pensent que dès le début de l’année,
l’édition devrait commencer avec une nouvelle histoire de Karl May. La
rédaction est alors obligé de prendre une politique ambivalente pour
satisfaire les deux parties.»
1er
octobre: déménagement de Dresde à Kötzschenbroda dans la villa Idylle,
Schützenstraße 6.
12 octobre: dans la liste des résidents, May s’inscrit sous le nom
«Dr. phil. Karl May, écrivain».
Autres publications de cette année: Kong-Kheou, das Ehrenwort,
ainsi que Der Scout.
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Dresde-Altstadt,
Schnorrstr. 31
Kötzschenbroda,
Schützenstr. 6
Villa Idylle
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| 1889 |
Probablement
au printemps, Karl et Emma May font la connaissance du couple Plöhn.
Richard Plöhn possède une usine de pansements. Il deviendra le meilleur
ami de May et Klara, la femme de Plöhn, qui deviendra la meilleure amie
d’Emma, aura encore une grande importance dans la vie de May dans les
années suivantes. Dans cette très productive année de travail, il rédige
quelques 3770 pages manuscrites!
Publications: Die Sklavenkarawane, Im Mistake-Cannon,
Sklavenrache, Lopez Jordan. |
Kötzschenbroda,
Schützenstr. 6
Villa Idylle |
| 1890 |
14 janvier:
la propriétaire de May l’accuse devant le tribunal d’instance de Dresde
pour non payement du loyer. L’échéance trimestrielle du loyer (200 marks)
pour la très coûteuse Villa Idylle reste impayée malgré son intense
travail d’écrivain. Sa bonne à tout faire est licenciée le 19 mars.
Probablement début avril: déménagement à Niederlößnitz,
Lößnitzstraße 11.
Importantes publications: Christus oder Muhammed, Der
Schatz im Silbersee (Le trésor du lac d’argent), Der Schatz der
Inkas (Le trésor des Inkas).
Fin octobre Der Sohn des Bärenjägers est publié en livre; la
page de couverture porte le titre Die Helden des Westens (incluant dans
le volume Der Geist des Llano estakado) à Stuttgart par la maison
d’édition «Union Deutsche Verlagsanstalt».
|
Niederlößnitz,
Lößnitzstr. 11 |
| 1891 |
8 avril:
déménagement pour Oberlößnitz à la Villa Agnès, Nizzastraße 13.
Le 28 mai: «… La femme du Dr. May se réveilla à cause d’un bruit au
rez-de-chaussée. Elle réveilla son mari qui descendit immédiatement et
trouva à sa surprise… toutes les armoires et tiroirs des commodes
ouverts, leurs contenus partiellement répandus sur le sol. En plus, le
cambrioleur avait laissé une hache sur le lit. Il n’y avait pas de trace
du voleur lui-même qui était entré dans la chambre en défonçant le volet
d’une fenêtre et en cassant les carreaux de plusieurs autres fenêtres…»
(Kötzschenbrodaer Zeitung du 30 mai)
A la fin de l’été, l’éditeur Friedrich Ernst Fehsenfeld de Fribourg
en Breisgau négocie avec May la publication en livre des histoires du
«Hausschatz». Un moment historique!
«Dans le joli, agréable Lößnitzgrund
Deux êtres sont assis tout seuls;
Ils nouent des liens d’amitié
Ils ne se sépareront plus jamais
L’un envoie ses romans
L’autre les fait imprimer,
Et à la fin de la chanson:
Tous les deux seront vraiment heureux!
(Karl May à Friedrich Ernst Fehsenfeld)
Novembre: Karl et Emma May prennent chez eux Clara («Lottel») Selbmann,
leur nièce de neuf ans, comme si elle était leur propre fille.
Importantes publications dans les journaux: Das Vermächtnis des
Inka (Kamerad), Der Mahdi (Hausschatz). |
Niederlößnitz,
Lößnitzstr. 11
Oberlößnitz,
Nizzastraße 13
Villa Agnes
|
| 1892 |
6 avril:
l’éditeur H.G. Münchmeyer meurt à Davos en Suisse d’une affection avancée
aux poumons.
10 mai: le premier volume de la série Durch Wüste und Harem
(dans des éditions postérieures Durch die Wüste) paraît aux
éditions Fehsenfeld. Suivent Durchs wilde Kurdistan, Von Bagdad
nach Stambul, In den Schluchten des Balkan, Durch das Land
der Skipetaren, Der Schut. Karl May est devenu maintenant un
homme riche.
Pendant l’été, Emma entretient des relations secrètes avec des
officiers. Lottel, la nièce de May, raconte tout à son oncle. Une discorde
du couple s’ensuit. Emma et la nièce de May ne peuvent plus vivre ensemble.
En août, Lottel est ramenée à sa mère Karoline, la sœur de May.
A partir de septembre commence l’«Hausschatz» avec la 2ème partie
de Madhi.
A l’Edition Union sort en octobre Kong-Kheou, das Ehrenwort sous le
titre Der blau-rote Methusalem.
|
Oberlößnitz,
Nizzastraße 13
Villa Agnes |
| 1893 |
Juin: Karl
et Emma voyagent dans la Forêt noire. Ensuite, ils rendent visite à
l’éditeur Fehsenfeld et à sa femme. Ensemble ils vont en Suisse à Bönigen
au lac Brienzer. Le 17 septembre May écrit à son éditeur Fehsenfeld:
Votre colère est justifiée, et pourtant je suis moins coupable que vous ne
le pensez. La vraie raison pour laquelle je ne peux terminer quoi que ce
soit est mon état actuel où je sens monter une nervosité sans cesse
grandissante, à laquelle ma femme n’attache pas la moindre attention, sans
compter un problème plus familier dont je ne peux pas parler. Ma femme est
devenue totalement différente depuis ce maudit voyage… Ces querelles
domestiques m’abattent à tel point que je vois souvent sur le mur où pend
au dessus de ma table de travail le revolver chargé. Après tout, chacun a
besoin de paix, d’une façon ou d’une autre!
Le 26 novembre, May écrit à Fehsenfeld qu’à cause de son affection aux
yeux, il s’est rendu deux fois à Leipzig.
Livres édités chez Fehsenfeld: Winnetou der Rote Gentleman
(3 volumes, l’annotation: «der Rote Gentleman» fut supprimée plus tard),
Orangen und Datteln.
D’importantes publications journalistiques: Der Oelprinz,
Die Felsenburg (plus tard Satan und Ischariot I). Et un autre
livre à l’Edition Union: Die Sklavenkarawane.
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Oberlößnitz,
Nizzastraße 13
Villa Agnes |
| 1894 |
Mars: May
souffre d’une grippe compliquée d’une pleurésie. Ses yeux aussi le font
souffrir. Début mai, il part se reposer avec Emma dans le Harz. Son état
de santé est mauvais. Aussi doit-il engager un secrétaire. (May dans une
lettre du 9 mai à Fehsenfeld)
Probablement l’été, May écrit de lui même en temps qu’«Old Shatterhand» le
passage suivant pour Old Surehand I:
Je suis né enfant malade, chétif qui jusqu’à l’âge de 6 ans rampait
sur le sol, incapable de se tenir debout ou de courir… J’ai été aveugle
trois fois… (p. 441 et suivantes).
C’est probablement une petite exagération poétique, mais on sent la
peur cachée qu’éprouve May d’être à nouveau aveugle.
A partir de septembre, paraît dans le «Deutscher Hausschatz» Krüger Bei
(plus tard Satan und Ischariot II); là les lecteurs apprennent à
Noël la visite de Winnetou à la chorale de Dresde! Un chapitre de 440
pages manuscrites, In der Heimath, sera coupé par Heinrich Keiter.
Octobre: dans la maison de la veuve de l’éditeur Münchmeyer, May
réclame le compte de ses cinq romans pour Münchmeyer qui est payable
depuis longtemps. Plus tard, il recevra un paquet des exemplaires des
romans publiés. Les manuscrits originaux des romans pour Münchmeyer
n’existaient plus; ils avaient été détruits, considérés comme superflus.
27 novembre: Pauline Münchmeyer demande un nouveau roman, si
possible une suite de Delila (1886). May refuse!
Livres pour Fehsenfeld: Am Stillen Ocean, Am Rio de la
Plata, In den Cordilleren, Old Surehand I.
Autres livres édités: Die Rose von Kairwan (Wehberg,
Osnabrück), Der Schatz im Silbersee. (Union).
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Oberlößnitz,
Nizzastraße 13
Villa Agnes |
| 1895 |
Cette
année-là, Ferdinand Pfefferkorn qui vit à Lawrence/USA rend visite avec sa
femme à son vieil ami d’école Karl May. Les Pfefferkorns se consacrent aux
spiritismes. On tient des séances à la maison de May, où selon toute
vraisemblance le couple ami Plöhn est présent.
23 décembre: Achat d’une nouvelle villa! (pour 37.300 marks)
Hier, installation dans de nouveaux meubles! Ecriture de manuscrits nuits
et jours! (May à Carl Felber)
30 décembre: le contrat de vente officiel pour la villa
«Shatterhand» à Radebeul, Kirchstraße 5 (aujourd’hui Karl-May-Straße), est
signé.
Livres édités: Old Surehand II (Fehsenfeld), Das
Vermächtnis des Inka (Union).
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Oberlößnitz,
Nizzastraße 13
Villa Agnes |
| 1896 |
Mars/avril:
Karl May prend possession de la carabine en argent et du «Bärentöter»
– tueur d’ours –- que l’armurier Max Fuchs de Dresde a fait sur commande.
Il veut avec cela apporter une documentation et une vérité à ses voyages
et en même temps oublier son triste passé. May utilise la publicité comme
une star moderne du show-biz.
Pâques: le photographe amateur Alois Schießer, qui arrive de Linz,
prend 101 photos de Karl May dans les costumes d’Old Shatterhand et de
Kara Ben Nemsi. La légende d’Old Shatterhand atteint son apogée. Beaucoup
de Karl May Clubs sont fondés.
L’été, probablement en juillet, Heinrich Keiter rend visite à l’auteur à
succès. Il s’excuse personnellement d’avoir coupé le chapitre Heimath
dans Krüger Bei, après que May lui ait déclaré préalablement qu’il
ne fournirait plus rien au «Deutscher Hausschatz». Fin septembre, paraît
dans l’»Hausschatz» Freuden und Leiden eines Vielgelesenen de May:
La nuit est en général le temps où je travaille, souvent deux nuits,
trois nuits de suite, sans avoir pu dormir le jour car beaucoup de
visiteurs viennent pendant la journée faire la connaissance de «leur» Old
Shatterhand ainsi que de Kara Ben Nemsi Effendi.
A partir de septembre, dans «Der gute Kamerad» est publié le dernier roman
pour la jeunesse de May: Der schwarze Mustang.
Livres édités chez Fehsenfeld: Der Mahdi (3 volumes), Old
Surehand III, Satan und Ischariot I-III.
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.»
(Aujourd’hui
Musée Karl-May) |
| 1897 |
26 janvier:
«Monsieur Keiter, qui s’abstiendra dorénavant d’avoir aucune interférence
littéraire dans vos manuscrits, commence dans le numéro 8 du ‘Hausschatz’
votre nouveau récit de voyage si impatiemment attendu, ‘Im Reiche des
silbernen Löwen’... Nous espérons que vous nous ferez très vite le plaisir
de nous donner la suite de ce très intéressant manuscrit.» (Friedrich
Pustet Jun. à Karl May)
Probablement au printemps, Karl May compose une partition de l’Ave Maria
désirée pour la mort de Winnetou. De mai à juillet, Karl et Emma voyagent
en Allemagne et en Autriche. Ils visitent Leipzig, Hambourg, Deidesheim (où
ils rendent visite à la famille d’un ami Seyler, marchand de vin),
Stuttgart, Bodensee (Lac de Constance), Innsbruck, Achensee, Munich,
Ratisbonne, la Bohème. Le séjour à Munich devient le point culminant de
cette tournée de publicité:
Le premier jour 900 visiteurs, le deuxième 600, le troisième de nouveau
800. Dans la soirée, je suis sorti par une porte dérobée et me suis enfui.
Devant l’hôtel, il y avait tellement de lycéens qui attendaient pour
obtenir un autographe que le tramway ne pouvait pas poursuivre sa route et
il a fallu les éloigner en les arrosant avec un jet d’eau. C’est la
vérité! (lettre à Fehsenfeld du 27 juillet)
Livres
édités: Auf fremden Pfaden, Weihnacht (Fehsenfeld), Der
Oelprinz (Union).
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |
| 1898 |
Le 22
février son Altesse impériale l’Archiduchesse Marie Thérèse donne une
audience à Karl May.
6 mai: à Gartow (Basse-Saxe) May est appréhendé par deux policiers;
il ne doit pas quitter sa chambre d’hôtel. Il est considéré comme un
imposteur, parce qu’il donne de gros pourboires pour de petits services.
Enfin arrive cette nouvelle de Radebeul: «Karl May y élit domicile. Il
aime exercer la charité.»
Le 30 août, Heinrich Keiter meurt. Dr. Otto Denk prend sa
succession au poste de rédacteur du «Deutscher Hausschatz». A cette
époque une rupture de neuf ans se produit avec cet hebdomadaire. Une
opposition catholique se fait jour contre May.
Livres édités par Fehsenfeld: Im Reiche des silbernen Löwen I-II.
De plus paraît Ernste Klänge, une publication avec les deux
compositions musicales de May, Ave Maria et Vergiß mich nicht!
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |
| 1899 |
De janvier à
mars, May finit son roman Am Jenseits. Il se trouve sur le meilleur chemin
de la grande littérature. Avez-vous lu les épreuves éditées du volume 25?
Oui? Alors, vous aurez remarqué que Karl May commence maintenant à
exprimer ses réelles intentions. Il est question d’un grand mouvement très
bien préparé dans le domaine religieux-éthique-social... Jusqu’à présent,
les volumes étaient écrits dans le seul but de rassembler le plus grand
nombre de lecteurs. (May à Fehsenfeld, 13 mars)
16 mars: Pauline Münchmeyer vend sa maison d’édition à Adalbert
Fischer, qui s’intéresse en particulier aux romans populaires de May.
26 mars: départ pour l’Orient. Importantes escales: Gênes (le 4
avril départ d’Emma et du couple Plöhn pour raison de santé), Port Saïd (9
avril), le Caire (30 avril – c’est là que May engage un peu plus tard le
domestique arabe Sejd Hassan), Beyrouth (26 juin), Haïfa (18 juillet),
Jérusalem (30 juillet), Jaffa (21 août au 2 septembre), Aden/Sud-Arabie
(15 septembre).
J’étais apprécié à bord (Gera) même si maintenant j’étais
l’opposé du Karl d’autrefois. Ce fut pour moi une grande cérémonie de
descendre la Mer Rouge à bord d’un cargo. (lettre à Plöhn du 16
septembre)
10 novembre: arrivée à Padang sur l’île de Sumatra. May souffre de
crises psychologiques, refuse toute nourriture et se comporte comme un fou
– il est possible qu’il ait souffert de dysenterie. Rien n’est exactement
sûr. Cet état dura à peu près une semaine.
22 novembre: de Padang, May envoie un télégramme à Radebeul; il
demande à Emma de venir avec les Plöhn à Port Saïd.
11 décembre: May est mis en quarantaine à cause de sa maladie et
d’un soupçon de peste. Le 18 décembre, il peut quitter Port Saïd. Son ami
Richard Plöhn, qui souffrait de la maladie de rein de Bright et qui
entre-temps est devenu sérieusement malade, reste avec Klara et Emma à
Arenzano (20 kilomètres à l’ouest de Gênes). May apprend le lieu où il
réside et s’y rend.
Pendant ce temps-là, en Allemagne, s’élèvent de vives attaques dans la
presse contre May. En particulier celles du Dr. Fedor Mamroth (Frankfurter
Zeitung) et d’Hermann Cardauns (Kölnische Volkszeitung) qui critiquent la
promotion que May fait de lui-même et son assimilation à la légende d’Old
Shatterhand. Les arguments qui au début restent relativement objectifs
vont devenir polémiques les années suivantes et vraiment méchants: c’est
le début d’une chasse aux sorcières, une chasse à mort.
Livres édités: Am Jenseits (Fehsenfeld), Der schwarze Mustang
(Union).
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |
| 1900 |
Karl et Emma
May ainsi que Richard et Klara Plöhn restent à Arenzano jusqu’au 14 mars,
puis ils vont à Pise, Rome, Naples, Port Saïd, le Caire, Gizeh, Jaffa,
Jérusalem, Hébron, Jéricho, Tiberias, Nazareth, Haïfa, Lebanon, Balbek,
Damas et Chypre. A Istanbul, May souffre à nouveau de crises
psychologiques. Klara Plöhn craint qu’on ne doive le placer dans un asile
de fous. Celle qui deviendra plus tard sa femme avait de toute évidence un
flair pour décrire les évènements d’une façon très colorée et semble avoir
alors exagéré les faits.
Le voyage s’achève à Corinthe, Bologne, Athènes, Corfou, Venise et
Bozen.
25 mars: Le successeur de Münchmeyer, Adalbert Fischer, ne tient
pas compte des droits d’auteur de May et lance sur le marché une nouvelle
édition de Die Liebe des Ulanen. Les quatre autres romans pour Münchmeyer
suivirent bientôt, partiellement retravaillés par l’écrivain Paul Staberow.
17 juin: à Beyrouth, May prend douloureusement congé de son
serviteur Sejd Hassan.
31 juillet: arrivée à Radebeul après 15 mois d’absence. Karl May
est devenu un autre homme – la légende d’Old Shatterhand est morte. À
partir de maintenant, seulement l’amour de l’humanité et la réconciliation
des nations sont devenues son grand idéal; il y a également une rupture
dans sa vie privée: la sexualité d’Emma n’est plus capable de le retenir.
Tous mes écrits jusqu’ici ne sont qu’une introduction, une
préface. Personne ne sait, à part moi, ce que je veux exprimer… Je
commence seulement maintenant mon œuvre véritable. (lettre de May du
10 septembre à son éditeur Fehsenfeld)
Pour les Fêtes de Noël, May publie un volume de poèmes,
Himmelsgedanken.
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |
| 1901 |
14 février:
Richard Plöhn, l’ami de May, meurt de sa maladie de reins. Sa femme Klara
est bouleversée. Elle devient une invitée permanente de la Villa
«Shatterhand».
Pour Joseph Kürschner, May écrit un roman pacifique Et in terra pax.
Il y démolit les tendances impérialistes – les «Hourrah» patriotiques - de
l’œuvre collective «China» dans laquelle son texte est publié.
Fin septembre May voyage avec Emma et Klara en Suisse au lac des
Quatre-Cantons. A l’automne, il rédige une réponse aux attaques polémiques
de la presse à travers un pamphlet anonyme «Karl May als Erzieher»
(Karl May éducateur – note de la trad.) et «Die Wahrheit über Karl May»
(la vérité sur Karl May – note de la trad.).
10 décembre: May porte plainte contre Adalbert Fischer pour avoir
republié sans autorisation ses romans pour Münchmeyer.
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |
| 1902 |
Au début de
l’année, le rédacteur de Cologne Hermann Cardauns tient plusieurs
conférences anti-May dans lesquelles il définit les romans de May pour
Münchmeyer comme «profondément immoraux».
10 mars: Karl May porte plainte contre Pauline Münchmeyer contre la
volonté de sa femme Emma qui est son amie intime. Le 16 mars, Rudolf
Bernstein, l’avocat de May, demande au tribunal de prononcer les
condamnations suivantes:
- établissement du
compte des exemplaires des œuvres de May publiées et mises en
circulation jusqu’au 16 mars 1899 par la maison d’édition Münchmeyer
- établissement des
comptes et des profits nets et
- le payement d’une
gratification au-delà de 20.000 exemplaires.
L’été, Karl
May, Emma et Klara voyagent de Berlin, Hambourg, Leipzig et Munich jusqu’à
Bozen et pour finir au Mendel. C’est à l’hôtel Penegal que le 21 août se
termine le mariage de Karl May et d’Emma par ces mots: «Prends ton type,
j’en ai assez de lui!». Les circonstances plus détaillées qui ont amené le
divorce restent jusqu’à aujourd’hui peu satisfaisantes. On peut supposer
que le comportement d’Emma ayant évolué pendant la ménopause était devenu
difficile; des signes de dérangement psychologique étaient également
possibles (Emma mourut le 13 décembre 1917 dans un asile). Elle était
aussi encline à des accès de colère directement dirigé contre Karl May, ce
qui rendait impossible la survie du mariage. Incontestablement, Klara
Plöhn sut choisir le moment favorable. Il est certain que finalement Karl
et Klara trouvèrent l’un avec l’autre une relation commune qui leur
convenait mieux à tous les deux.
29 août: Emma May signe le consentement au divorce.
10 septembre: May dépose à Radebeul l’action en divorce.
Livre édité chez Fehsenfeld: Im Reiche des silbernen Löwen III.
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |
| 1903 |
14 janvier:
le mariage de May est dissous.
4 mars: le divorce du couple est légalement prononcé.
30 mars: mariage légal de Karl May et Klara Plöhn. Quelques jours
plus tard suit le mariage religieux à l’église luthérienne de Radebeul.
25 mai: Les Editions Adalbert Fischer publient les
Erzgebirgische Dorfgeschichten de May.
3 novembre: Emma reçoit de May une rente annuelle de 3000 marks; en
contrepartie, elle doit vivre éloignée d’au moins 100 kilomètres de Dresde
– elle s’installe à Weimar.
Début novembre, Dr. Gerlach, l’avocat de Münchmeyer, parvient à
obtenir la prise en considération des condamnations de May. Les
conséquences pour la santé de May se manifestent le 8 novembre – il tombe
gravement malade: forte fièvre et cœur faible.
Livre édité chez Fehsenfeld: Im Reiche des silbernen Löwen IV. |
Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |
| 1904 |
8 mars:
Karl et Klara rendent visite à Meißen au peintre Sascha Schneider. Il
doit dessiner pour toute l’édition de Fehsenfeld de nouvelles
couvertures de livres, mettre tout son effort artistique pour promouvoir
les valeurs pacifistes des écrits et tourner le dos carrément au côté «auteur
pour la jeunesse».
Mi-septembre dans une collection plus importante paraît chez
Fehsenfeld Et in terra pax sous le titre Und Friede auf Erden!
26 septembre: Pauline Münchmeyer est obligée de rendre des comptes
dès que Karl May produit un compte-rendu sous serment.
Noël: pour se venger d’un prêt refusé, que Rudolf Lebius, le bandit sans
scrupule de la presse, a essayé d’arracher à May, il fait pendre des
fenêtres des libraires de Dresde de grandes affiches, sur lesquels sont
annoncé en immenses lettres rouges: Lisez les condamnations de Karl May.
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |
| 1905 |
Au printemps
paraît imprimée personnellement par May la description du procès, Ein
Schundverlag. Il y raconte ce qui s’est passé du temps de Heinrich
Münchmeyer. En 1909 suit encore la parution en impression privée Ein
Schundverlag und seine Helfershelfer.
Le 3 octobre une plainte pour injure de May contre Lebius est jugée
au tribunal de grande instance de Dresde. A cause d’une faute de tactique
de Klotz, l’avocat de May, la lecture publique des convictions soutenues
par Karl May est autorisée.
Le même mois, May suit à Dresde une conférence de la lauréate du
prix Nobel de la paix Bertha von Suttner; une amitié se noue entre eux.
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |
| 1906 |
5 février:
Karl May gagne en deuxième instance son procès contre Münchmeyer.
30 juin: Rudolf Lebius traite May de criminel héréditaire.
1er septembre: le drame de May Babel und Bibel,
Arabische Fantasia in zwei Akten est publié chez Fehsenfeld en un
tirage de 1200 exemplaires.
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |
| 1907 |
9 janvier:
May gagne son procès contre Münchmeyer en 3ème instance devant
la cour du Reich allemand de Leipzig. Le règlement des dommages et
intérêts doit maintenant être fixé. Le représentant légal de May, Rudolf
Netcke, demande pour le seul Waldröschen 250.000 marks! Le 11
février May produit sous serment le compte-rendu suivant:
Je jure
au nom de Dieu infiniment bon et tout puissant:
1. Après avoir en 1882 rencontré par hasard dans un restaurant de Dresde
Heinrich Gotthold Münchmeyer aujourd’hui décédé, j’ai promis de lui écrire
un roman appelé WALDRÖSCHEN aux conditions suivantes. Le roman devait
paraître sous un pseudonyme et être imprimé et diffusé pour un tirage
maximum de 20.000 exemplaires. Comme rémunération, je devais recevoir 35
marks par numéro et de plus une bonne gratification quand le tirage
maximum prévu serait atteint. De plus, je conservais le droit d’en
disposer librement, notamment le droit d’inclure le roman dans mes œuvres
complètes.
2. Ces conditions furent imposées plus tard pour les romans DEUTSCHE
HERZEN UND HELDEN, DER VERLORENE SOHN et DER WEG ZUM GLÜCK avec de plus la
clause que la rémunération pour chaque numéro passait de 35 à 50 marks.
3. En ce qui concerne le roman DIE LIEBE DES ULANEN, j’étais d’accord en
1883 avec Münchmeyer pour lui permettre d’imprimer le roman seulement en
1884 dans l’édition du «Deutscher Wanderer».
4. De même, en 1875 et 1884, pour les six récits suivants: AUS DER MAPPE
EINES VIELGEREISTEN (INN-NU-WOH et OLD FIREHAND), EIN STÜCKLEIN VOM ALTEN
DESSAUER, DIE FASTNACHTSNARREN, UNTER WERBERN, DER GITANO et DIE POLIN
(WANDA) Münchmeyer était d’accord pour qu’une seule parution par an soit
éditée dans son journal.
5. Par contre, je ne me suis pas mis d’accord avec Münchmeyer en ce qui
concerne mes œuvres 1 – 4 pour qu’après un seul règlement en espèces il
conserve les droits de publications d’une façon illimitée. Que Dieu me
vienne en aide.
Le 7 avril:
Adalbert Fischer, le successeur de Münchmeyer, meurt. Le 15 avril 1907,
Dr. Gerlach, l’avocat de Münchmeyer, accuse May et ses associés de parjure.
Le reproche est parfaitement insoutenable.
Le 8 octobre: les héritiers de l’éditeur Fischer déclarent dans un
accord «que la maison d’édition H.G. Münchmeyer avait édité des romans de
l’écrivain Karl May qui avaient subis au cours du temps des rajouts, des
modifications d’un autre auteur, et que dans leur forme actuelle, ils ne
pouvaient pas être considérés comme étant de l’auteur Karl May.» Les cinq
tristement célèbres romans pour Münchmeyer perdent ainsi le nom de leur
auteur Karl May et peuvent être désormais publiés sous le nom d’un auteur
anonyme.
Le
successeur de Münchmeyer a fait de tels changements qu’entre les
vieilles éditions et les nouvelles il y a une différence de centaines de
pages. C’est en fait vraiment terrible. Si quelqu’un se permettait de
modifier les peintures d’un peintre ou couper au couteau les statues d’un
sculpteur et offrait ces mutilations à la vente comme des originaux de
l’artiste concerné, toute la presse prendrait le parti de l’artiste
injurié et rejetterait le falsificateur de telle façon qu’il ne pourrait
plus jamais apparaître en public.
(Karl May: Ein Schundverlag, p. 852 et suivantes)
13 septembre:
rencontre avec Otto Denk, le rédacteur du «Hausschatz». Après neuf ans de
pause, May est prêt à écrire de nouveau pour le «Deutscher Hausschatz». Il
commence immédiatement à écrire «Der Mir von Dschinnistan». Avec
cette œuvre – comme déjà avec les derniers volumes de la série «Im
Reiche des silbernen Löwen» – il fait un saut dans la grande
littérature. Pour les lecteurs du «Hausschatz» qui attendent les
passionnantes histoires de voyages d’autrefois, ce roman trouve peu d’écho
favorable.
A la fin de l’année, May écrit Frau Pollmer, une étude
psychologique où il essaye en vain de se «libérer» mentalement de sa
première femme. Ce texte n’est pas édité du vivant de May. A partir
d’octobre paraît dans le magazine de Ratisbonne «Efeuranken» le récit de
voyage Schamah.
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |
| 1908 |
8 mars: dans
un testament May fait un lègs pour la création d’une fondation de charité.
Du 23 mars au 23 avril Abdahn Effendi paraît dans le «Grazer
Volksblatt».
L’anthropologue et chercheur sur la sexualité F.S. Krauss rend
visite à May et l’appelle «une bénédiction pour l’humanité». Cette
année-là, Karl May entreprend avec sa femme Klara son premier et unique
voyage en Amérique. Voici les étapes: Brême (5 septembre), New York (16
septembre), Albany (22/23 septembre), Buffalo (fin septembre), les chutes
du Niagara (début octobre), Lawrence/Massachusetts chez Pfefferkorn, un
ami d’école (octobre), Boston et New York (novembre). Le 4 novembre, les
May sont probablement de retour à Radebeul. Début décembre, ils font un
court séjour à Londres.
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |
| 1909 |
31 juillet:
le Merhameh de May paraît dans le «Eichsfelder Marienkalender
1910».
Septembre: le Dr. Adolf Droop publie l’étude «Karl May: Eine Analyse
seiner Reise-Erzählungen» (une analyse des récits de voyage de May – note
de la trad.).
22 novembre: Rudolf Lebius écrit à une amie d’Emma, Selma von
Scheidt, une chanteuse d’opéra, qu’il considère Karl May comme «un
criminel né».
17 décembre: à cause de cette lettre, Karl May porte plainte pour
diffamation contre Lebius devant le tribunal de grande instance de
Berlin-Charlottenburg.
8 décembre: May fait une lecture à Augsburg de Sitara, das Land
der Menschheitsseele.
Livres édités aux Editions Fehsenfeld: Ardistan und Dschinnistan I
et II.
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |
| 1910 |
10 janvier:
Karl May entame un réquisitoire légal contre Rudolf Lebius à cause de la
plus odieuse calomnie de son article «Hinter den Kulissen» (derrière les
coulisses – note de la trad.) paru dans le quotidien «Der Bund» du 19
décembre 1909. Lébius proclame que May a vécu pendant des années dans les
forêts en tant que chef de bande de brigands, qu’il a presque
quotidiennement commis des cambriolages, attaqué des marchandes
ambulantes, abusé sexuellement de sa nièce de neuf ans et étranglé le
grand-père de sa première femme Emma!
Les fréquentes maladies de May aggravées par les attaques
diffamatoires finirent par mener l’écrivain à la mort. Aussi ne pouvait-il
plus assister aux audiences. Selon les experts légaux, Lebius aurait été
condamné à la prison.
Le 12 avril, Lebius n’est pas jugé coupable dans un premier temps
pour sa lettre de diffamation à Selma von Scheidt (plainte du 17 décembre
1909). May fait appel.
12 mai: Je n’ai jamais nié avoir été en conflit avec la loi, il
y a 40 ou 50 ans et j’ai été puni pour cela. Mais ce que j’ai fait dans la
dépression mentale la plus profonde devrait maintenant être entendu par un
médecin plutôt que par un juge. Mes ennemis fouillent dans mon passé et
rajoutent de surcroît des mensonges immondes. Il y a 5 procédures en cours
et la vérité sera mise à jour. (lettre de May à Peter Rosegger)
En août, le Dr. Euchar Albrecht Schmid passe quelques jours à la
villa « Shatterhand ». Après la mort de May il prendra la direction des
Editions Karl May. Grâce à son infatiguable énergie, la réputation du
poète rayonne chaque jour davantage. Et aujourd’hui le flambeau est repris
par ses descendants Monsieur Lothar Schmid et son fils Bernhard Schmid qui
depuis 2007 est son éditeur attitré.
Livres édités aux Editions Fehsenfeld: Winnetou IV, Mein
Leben und Streben. Presque simultanément à l’autobiographie de May,
Rudolf Lebius publie «Die Zeugen Karl und Klara May» (les témoins Karl et
Klara May – note de la trad.) - un pamphlet des plus écoeurants. A cause
d’objections réciproques, l’autobiographie de May ainsi que le pamphlet de
Lebius furent interdits très rapidement.
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |
| 1911 |
8 mai: De
nouveau très malade, je vous écris aujourd’hui très brièvement. J’ai
surestimé mes forces, mon inflammation pulmonaire et l’épuisement physique
des procédures de témoignages m’ont rendu complètement « kaputt »… Je dois
aller en cure; je pars dès jeudi. (Karl May à l’avocat Haubold)
11 mai: départ pour Joachimsthal. Le médecin Dr. Gottlieb prescrit
des bains.
De mi-juin à fin juillet, Karl et Klara May passent des vacances de
détente dans le Sud-Tyrol. Sur le Mendel, son état de santé s’aggrave de
nouveau.
18 décembre: la procédure d’appel (correspondant à la plainte du 17
décembre 1909) condamne Rudolf Lebius pour diffamation à une amende de 100
marks.
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |
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1912
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25 février:
May fête ses soixante dix ans.
Début mars, May va pour la dernière fois à Hohenstein-Ernstthal.
Il rend visite à sa sœur Wilhelmine Schöne; il offre un sac de
bonbons à sa nièce Ilse pour sa première entrée à l’école.
22 mars: sur l’invitation du «Akademischer Verband für Literatur
und Musik» (association des académiciens pour la littérature et la musique),
Karl May fait une lecture devant 2000 personnes de son ouvrage de paix:
Empor ins Reich der Edelmenschen. Dans le public se trouve Bertha von
Suttner.
30 mars: Karl May meurt vers 20 heures dans sa villa «Shatterhand».
Sa respiration s’est arrêtée suite à une maladie des poumons. Un grand
cœur reste calme. Les funérailles de May ont lieu le 3 avril au cimetière
de Radebeul.
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Radebeul,
Kirchstraße 5
Villa «Shatterhand.» |